Comment enfin apprivoiser nos émotions ?

Ressentir, vibrer, exploser de joie ou de colère ou encore frissonner de peur, sont peut-être l’une des choses les plus faciles au monde, du moins des plus naturelles…Quand la joie nous envahit, on a envie de courir, de chanter, d’embrasser le ciel et de se fondre avec le soleil. Mais la peur parfois nous étreint au détour d’un chemin, pour ne plus nous quitter. La colère nous prend par surprise, au moment le moins opportun et on explose sans pouvoir se contrôler. Quant à la tristesse, elle peut s’accrocher à nous pour ne plus nous lâcher et faire de notre spleen, un funeste invité.

Si vous êtes un être d’émotions, un être pleinement humain, vous avez sans doute eu à négocier avec vos émotions, à les aimer ou à les maudire. Mais connaissez-vous la recette pour les amadouer ?

Découvrez comment faire de nos émotions, des alliées pour la vie.

Depuis l’antiquité, nos émotions ont bien mauvaise réputation. Platon envisageait les émotions comme une perversion de la raison et Socrate considérait qu’elles nous emprisonnaient. Quant à Descartes, le célèbre auteur de l’aphorisme « Je pense donc je suis », il opposait purement et simplement raison et émotion. Il faut attendre les années 2000 et la découverte de l’imagerie médicale pour qu’un changement de paradigme s’opère notamment grâce au neurologue Antonio Damasio. Il pointe dans son ouvrage « L’erreur de Descartes », que les émotions sont en réalité biologiques et font partie intégrante du fonctionnement du corps humain, au même titre que la respiration, le système immunitaire ou la digestion.  Vouloir « maîtriser » ce que l’on ressent ou « gérer » ses émotions serait une vaine entreprise, puisque la majorité de nos émotions se vivraient inconsciemment. Il démontre également que notre fonctionnement émotionnel serait beaucoup plus adapté à l’environnement hostile des hommes de Cro-Magnon qu’à notre société actuelle. Sachant cela, comment faire pour vivre en harmonie avec nos émotions ? Comment améliorer notre comportement avec les autres ?

Découvrez comment faire de nos émotions une force, grâce aux 5 stratégies suivantes :

 

1. Identifiez et acceptez vos émotions.

Connaître sa météo intérieure est la première étape pour vivre en harmonie avec ses émotions. Parvenir à identifier quelle est l’émotion primaire qui nous habite suivant les moments de la journée est la clé : Peur ? Joie ? Colère ? Tristesse ? La métaphore du bulletin météo peut nous aider ainsi que nos enfants à repérer l’émotion dès qu’elle arrive, tenter d’en comprendre la raison et choisir en conscience soit d’agir pour modifier la situation qui en est à l’origine ou d’accepter de la vivre pleinement. Comme un nuage n’a pas vocation à s’installer durablement dans le ciel, et que le beau temps ne peut durer éternellement, comprendre qu’une émotion est passagère nous aide à l’accepter et à ne pas s’y accrocher. L’émotion en elle-même est rarement le problème. C’est le temps qu’on lui accorde ou que l’on refuse de lui accorder, qui va nous rendre esclave de nos ressentis.

2. Soyez responsables de vos journées.

 Si les émotions sont bien naturelles et d’ordre biologique, nous les vivons néanmoins très individuellement, en fonction de nos expériences personnelles. Avez-vous remarqué à quel point les réactions d’une équipe peuvent être radicalement différentes à l’annonce d’une bonne nouvelle ou dans une situation de stress ? Si vous souhaitez être maître à bord du bateau de vos émotions, il faut comprendre que nous sommes personnellement à l’origine de la manière dont notre cerveau traite ce que nous ressentons. Chacun est responsable de ses actes et des répercussions de son comportement sur les autres. Vous pouvez décider de vous comporter chaque jour en évitant d’accuser les circonstances et les autres, des émotions négatives que vous ressentez. Et de choisir de ne pas vous accrocher aux évènements désagréables que vous vivez. Recommencez toutes les 24 heures. Le chemin est long et parfois semé d’embuches, mais il nous permet d’apprendre à choisir les émotions qui guideront notre journée.

3. Découvrez quelles sont vos émotions élastiques.

Notre vie émotionnelle n’est pas la même que celle de notre voisin. Sentez-vous en responsable, mais pas coupable. Nous sommes tous l’histoire que nous avons vécue dans notre enfance. Différente, parfois belle, parfois plus violente. Les émotions qui nous déstabilisent aujourd’hui sont des émotions élastiques, qui remontent du passé, n’ont pu être exprimées et nous reviennent en plein visage. Il faut être courageux pour sortir du déni et les affronter. Comme Mina, le « petit soleil » de sa famille, qui a très vite compris suite au décès de son petit frère qu’il n’était pas envisageable qu’elle exprime de la tristesse. Ou Paul, ce chef d’entreprise grand et costaud qui enfant, n’a eu d’autre choix que d’être courageux et qui cache aujourd’hui toutes ses peurs derrière des crises de colère explosives. Prenez un carnet et notez vos comportements inadaptés pendant au moins une semaine et essayez de répondre à ces questions : Quel a été le déclencheur ? Qu’est-ce que je revis et que j’ai vécu enfant ? Quel est mon besoin aujourd’hui ? Est-ce que je peux lâcher prise ? Par quelle émotion pourrais-je remplacer ce comportement récurrent ?

4. Améliorez votre connexion émotionnelle.

On apprend tous à lire et écrire à l’école, mais beaucoup plus rarement à comprendre les émotions des autres, ou à exprimer les nôtres de manière constructive. Daniel Goleman, un célèbre psychologue américain démontre pourtant dans son best-seller « l’intelligence émotionnelle », que nos compétences relationnelles et notre capacité à bien vivre nos émotions prédirait la réussite de nos enfants avec 4 fois plus de certitude qu’un fort quotient intellectuel. Dans nos relations avec les autres, l’une des clés est de pratiquer l’empathie en activant nos neurones miroirs, qui nous permettent de nous mettre dans les baskets de nos congénères pour mieux les comprendre et entretenir des relations apaisées. Cela passe par une synchronisation de nos gestes à ceux notre interlocuteur mais aussi de notre langage afin qu’il se sente reconnu. Rappelez-vous, nos émotions viennent de très loin : de notre cerveau reptilien programmé pour la fuite, la lutte ou le repli s’il ne se sent pas en sécurité !

5. Exprimez vos émotions en conscience.

  • « Tu écris très mal »,
  • « Je n’arrive pas à déchiffrer ton écriture ».

Quelle est la formule qui sonnerait le plus doux à votre oreille si un collègue venait vous faire part de son sentiment quant à votre écriture ?

La deuxième, pour la majorité d’entre nous. Exprimer ses émotions sous la forme d’un jugement sur autrui a toutes les chances de vous mener à de relations tendues ou à couper purement et simplement toute forme de relation. Exprimer ses émotions en conscience signifie bannir le « tu » et opter pour le « je », beaucoup plus objectif et constructif puisque chacun vit la réalité avec des lunettes de couleurs différentes ! Avant de faire passer votre message à autrui, soyez honnête avec vous-même : qu’est-ce que je ressens face à la situation ? Démarrez par un constat neutre et objectif, exprimez votre besoin et terminez par une demande concrète. Vous avez toutes les chances d’obtenir ce que vous souhaitez !

 

« Y’a d’la joie…bonjour, bonjour, les hirondelles… »

Jacques Brel

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